L’ÉCHELLE VISUELLE ANALOGIQUE
(EVA)
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Définition |
C’est une échelle d’auto-évaluation. Elle est
sensible, reproductible, fiable et validée aussi bien dans les situations de
douleur aiguë que de douleur chronique, que celles-ci soient en rapport ou non
avec un cancer. Elle doit être utilisée en priorité, lorsque c’est possible.
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Description |
L’EVA se
présente sous la forme d’une réglette en plastique de
Sur la face présentée au patient, se trouve un
curseur qu’il mobilise le long d’une ligne droite dont l’une des extrémités
correspond à "Absence de douleur", et
l’autre à "Douleur maximale
imaginable".
Le
patient doit, le long de cette ligne, positionner le curseur à l’endroit qui
situe le mieux sa douleur
Sur l’autre face, se trouvent des graduations
millimétrées vues seulement par le soignant. La position du curseur mobilisé par
le patient permet de lire l’intensité de la douleur, qui est mesurée en
mm.
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Limites de
l’EVA |
L’utilisation de l’EVA n’est possible que chez les
patients communicants, et ayant des capacités d’abstraction. Dans la population
générale, 15% des individus ne peuvent pas déterminer l’intensité de leur
douleur à l’aide de l’EVA.
Seuls 20% des sujets en phase avancée d’un cancer et
associant des troubles cognitifs et une altération de l’état général sont
capables d’utiliser correctement l’EVA.
L’EVA ne donne aucune information sur la cause ou le
mécanisme de la douleur.
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Conseils
d’utilisation |
Il
faut expliquer préalablement au patient
l’utilisation de l’échelle, et vérifier la compréhension de l’outil
(quantification de la douleur, déplacement du curseur dans le bon
sens,…)
Si
le patient présente plusieurs sites douloureux ou des accès de douleur, chacun doit être évalué séparément. Il
est possible de le faire rétrospectivement.
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Utilisation de l’EVA chez les
personnes âgées |
L’utilisation de l’EVA n’est pas possible dans un
grand nombre de cas, en particulier chez les personnes présentant des handicaps
rhumatologiques (ankylose des doigts empêchant l’utilisation du curseur), des troubles visuels, des troubles
cognitifs limitant la compréhension des consignes, des limites culturelles
réduisant les capacités d’abstraction.
L’ÉCHELLE NUMÉRIQUE
(EN)
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Définition |
C’est une échelle d’auto-évaluation. Elle est
sensible, reproductible, fiable et validée aussi bien dans les situations de
douleur aiguë que de douleur chronique, que celles-ci soient en rapport ou non
avec un cancer. Bien que moins sensible que l’EVA, elle lui est très proche par ses modalités
d’utilisation et ses limites.
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Description |
L’EN
peut être présentée sous forme écrite ou orale.
Dans sa forme orale, le soignant demande au patient
de quantifier sa douleur sur une
échelle virtuelle allant de 0 ("Douleur absente"), à 10 ("Douleur maximale
imaginable").
Dans sa forme écrite, l’EN comprend 11 chiffres
alignés verticalement ou horizontalement, compris entre 0 ("Douleur absente"), et 10 ("Douleur
maximale imaginable"). Elle est présentée au patient, qui entoure ou
désigne le chiffre correspondant à
l’intensité de sa douleur
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Limites de l’Échelle
Numérique |
L’échelle numérique est moins sensible et moins
précise que l’EVA.
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Conseils
d’utilisation |
Il
faut utiliser la forme (écrite ou orale) la plus adaptée au
patient.
Si
le patient présente plusieurs sites douloureux ou des accès de douleur, chacun doit être évalué séparément. Il
est possible de le faire rétrospectivement, ce qui permet des comparaisons
intra-individuelles.
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Utilisation de l’Échelle
Numérique chez les personnes
âgées |
L’échelle numérique peut être proposée aux patients qui ont du mal à comprendre le principe de l’EVA, mais qui conservent des capacités d’abstraction. Elle peut également proposée, dans sa forme orale, aux patients ayant des handicaps physiques
L’ÉCHELLE VERBALE SIMPLIFIÉE
(EVS)
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Définition |
C’est une échelle d’auto-évaluation. Elle est
sensible, reproductible, fiable et validée aussi bien dans les situations de
douleur aiguë que de douleur chronique, que celles-ci soient en rapport ou non
avec un cancer. C’est une échelle
dite " catégorielle ".
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Description |
L’EVS
peut être présentée sous forme écrite ou orale.
Dans sa forme orale, le soignant demande au patient
de choisir, parmi une liste de mots qui lui sont proposés, celui qui qualifie le
mieux l’intensité de sa
douleur.
Dans sa forme écrite, le soignant présente au patient
des qualificatifs, et celui-ci entoure ou désigne celui qui correspond à
l’intensité de sa douleur. La version la plus utilisée comprend 5
qualificatifs.
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Douleur
absente |
Douleur
faible |
Douleur
modérée |
Douleur
intense |
Douleur
insupportable |
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Limites de
l’EVS |
L’échelle verbale simple est moins sensible et moins
précise que l’EVA.
Il
n’y a pas de consensus sur le nombre de qualificatifs proposés (4 ou 5), ni sur
les mots proposés, ce qui rend difficile les comparaisons.
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Conseils
d’utilisation |
Il
faut utiliser la forme (écrite ou orale) la plus adaptée au
patient.
Si
le patient présente plusieurs sites douloureux ou des accès de douleur, chacun doit être évalué
séparément.
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Utilisation de l’EVS chez les
personnes âgées |
L’échelle verbale simple a souvent la préférence des soignants et des patients âgés. En effet, ceux-ci peuvent qualifier leur douleur avec des mots familiers. Elle est simple et rapide à utiliser. A l’exception des sujets présentant des troubles cognitifs très sévères, la quasi-totalité des patients est capable de la réaliser.
L’ÉCHELLE COMPORTEMENTALE SIMPLIFIÉE
(ECS)
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Définition |
Les échelles comportementales sont des outils
d’hétéro-évaluation. Elles évaluent indirectement l’existence et l’intensité
douloureuse d’un patient ayant des troubles de la communication verbale ou
présentant des troubles sévères des fonctions supérieures. Elles reposent sur
l’observation, par les soignants,
des modifications de l’attitude, du comportement et des manifestations corporelles
susceptibles d’être présentées par le patient douloureux.
Plusieurs échelles comportementales sont décrites,
mais peu sont validées. Leur
fréquente complexité a incité à
proposer des échelles comportementales dites simplifiées (ECS), dont il existe
plusieurs variantes.
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Description |
L’ECS se
présente sous la forme d’un tableau comportant des items observés par un groupe
de soignants, et permettant d’apprécier le retentissement de la douleur sur le
comportement du patient. L’attribution de scores est possible.
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Observation |
Spontanément |
A
l’examen* |
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Gémissements,
Plaintes Front
plissé, Visage crispé Position
antalgique Mouvements
précautionneux |
Absent Faible Marqué
0
1
2 ……… ……...
……… ……… ……...
……… ……… ……...
……… ……… ……...
……… |
Absent Faible
Marqué
0
1
2 ……… ……...
……… ……… ……...
……… ……… ……...
……… ……… ……...
……… |
Total
0 : pas de
douleur 1 à
3 : douleur faible 4 à
6 : douleur modérée 7 à
8 : douleur intense |
………. / 8 |
………. / 8 |
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* Y compris lors des changes,
toilettes et manipulations diverses | ||
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Limites de
l’ECS |
L’échelle comportementale simplifiée est moins
sensible et moins précise que l’EVA.
Elle suppose la connaissance, par l’équipe soignante, de l’état habituel
du patient.
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Conseils
d’utilisation |
L’évaluation, qui doit se faire à 2 soignants au
moins, est comparative, et doit comparer l’état basal du patient à celui observé
lors de l’examen.
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Utilisation de l’ECS chez les
personnes âgées |
Tout changement de comportement, spontané ou
survenant pendant un soin, chez une personne âgée ayant des troubles de la
communication verbale doit faire évoquer la possibilité d’un état douloureux et
le faire rechercher.
L’ÉCHELLE DOLOPLUS
2
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Définition |
C’est une échelle d’hétéro-évaluation. Elle évalue la
douleur dans sa globalité, dans ses dimensions somatique, psychomotrice et
psychosociale. Elle est validée pour la mesure de la douleur chronique chez le
patient âgé non communicant ou présentant des troubles cognitifs
sévères.
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Description |
L’échelle comporte 10 items répartis en 3
sous-groupes, proportionnellement à la fréquence rencontrée (5 items somatiques,
2 items psychomoteurs et 3 items psychosociaux).
Chaque item est coté de 0 à 3 (cotation à 4 niveaux).
L’utilisation de cette échelle nécessite un apprentissage et une cotation si
possible en équipe pluridisciplinaire.
Un score supérieur ou égal à 5/30 signe la
douleur.
Cliquez
ici pour atteindre l'échelle DOLOPLUS 2
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LEXIQUE DES ITEMS DE L'ÉCHELLE
DOLOPLUS 2 | |
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Plaintes
somatiques Expression
de la douleur par la parole, le geste ou des cris, pleurs,
gémissements Positions
antalgiques Position
corporelle inhabituelle visant à éviter ou à soulager la
douleur Protection de zones
douloureuses Le
malade protège une ou plusieurs zones de son corps par une attitude ou
certains gestes de défense Mimique Le
visage semble exprimer la douleur au travers des traits (grimaçants,
tirés, atones) et du regard (fixe, vide, absent,
larmes) Sollicitation Toute
sollicitation (soin, mobilisation, approche d'un
soignant,…) |
Toilette /
Habillage Évaluation
de la douleur pendant la toilette et/ou l'habillage, seul ou avec
aide Mouvements Évaluation
de la douleur dans le mouvement (changement de position, transferts,
marche, seul ou avec aide) Communication Verbale
ou non verbale Vie
sociale Repas,
animations, activités, accueil des visites, ateliers
divers,… Troubles du
comportement Agressivité,
agitation, confusion, indifférence, glissement, régression, demande
d'euthanasie,… |
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Conseils d’utilisation de
l'échelle DOLOPLUS 2 |
·
Ne rien coter en cas d’item
inadapté
·
Coter en équipe
·
Ne pas comparer les scores de patients
différents
·
Ne pas recourir systématiquement à
l’échelle Doloplus 2
·
Les comportements passifs sont aussi
parlants et importants que les comportements
·
Tout changement de comportement,
spontané ou survenant pendant un soin, chez une personne âgée ayant des troubles
de la communication verbale doit faire évoquer la possibilité d’un état
douloureux et le faire rechercher.
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Limites de l’échelle Doloplus
2 |
Elle n’est pas adaptée pour évaluer les douleurs
aiguës.
Elle nécessite un apprentissage
préalable.
Elle doit être, dans la mesure du possible,
renseignée par une équipe pluridisciplinaire.